La terre est ronde comme un ballon. C’est l’histoire d’un petit gars du Blayais qui a découvert le monde grâce au football. « Nous étions six enfants, la famille habitait en face du stade du Pontet », se souvient Anthony Moura-Komenan, 38 ans, l’entraîneur du FC Sud 17, un club de Régional 3 fruit de la fusion entre l’AS Montendre et le CS Bussac-Forêt.
Le jeune garçon affiche vite de belles dispositions pour le foot, il est repéré par les Girondins de Bordeaux. « J’ai fait des essais, participé à des tournois puis j’ai intégré le centre de formation en 1999. Le club était champion de France, on allait voir chaque match à Chaban-Delmas. Je vivais des moments extraordinaires, mes plus belles années. Il y avait beaucoup de concurrence, c’était très dur, on nous en demandait toujours plus chaque jour, mais c’était génial. »
« Mes filles sont nées là-bas »
Le foot laisse pourtant beaucoup de jeunes sur le bord du chemin. « On pense toujours que notre rêve peut devenir réalité. J’étais natif de la région, je me disais pourquoi pas moi ? Nous avons été champions de France des réserves professionnelles. C’était décevant de ne pas signer pro, mais j’ai vite obtenu un contrat de deux ans avec Libourne Saint-Seurin. » Ce sera ensuite l’AC Ajaccio, Rodez AF et le FC Rouen. « Nous avions une belle équipe à Rouen, en National. Le club a connu des problèmes financiers, on m’a dit que je pouvais partir, mais je ne voulais pas m’asseoir sur de belles conditions financières. »
Nous sommes en 2012 et son agent lui propose alors de tenter sa chance en Indonésie ou en Thaïlande. « Je choisis la Thaïlande et la Thaï Premier League. L’entraîneur du Super Power Samut Prakan me voulait absolument, il a même cassé le contrat d’un autre étranger pour que je signe. » Le milieu offensif restera six ans en Asie du Sud-Est (134 matchs, 37 buts). « On ne connaît pas ce championnat professionnel, mais le public est nombreux, les conditions d’entraînements, les infrastructures, l’encadrement sportif et médical et les salaires étaient d’un bon niveau. Les joueurs sont connus et suivis, c’est comme en Ligue 1. Après un temps d’adaptation, tout m’a plu, la qualité de vie était magnifique. Mes deux filles sont nées là-bas. »
Riquelme, Agüero, Di Maria…
Auparavant, Anthony Moura-Komenan, avait vécu une aventure émouvante. Appelé par Gérard Gili en sélection olympique de la Côte d’Ivoire, le pays de ses parents, il a participé aux JO de Pékin, en 2008 après avoir joué la Coupe d’Afrique des Nations juniors au Bénin avec des joueurs comme Kalou ou Gervinho…
« C’est un honneur de porter le maillot des Éléphants. Aux JO de Pékin, nous nous sommes qualifiés pour les quarts de finale (défaite 2-0 contre le Nigéria) en sortant d’un groupe où figurait notamment l’Argentine, le futur vainqueur. Nous étions logés dans le même hôtel. J’arrivais de ma campagne et je jouais contre Messi, Riquelme, Agüero, Di Maria (défaite 2-1)… Mais je n’avais pas de complexe, j’ai toujours fonctionné comme ça, si j’étais aux JO, c’est que je le méritais. Et c’est pareil maintenant que je suis entraîneur. »
« Le foot, c’est ma vie »
Car depuis qu’il est rentré en France, celui qui fut aussi sur les tablettes de l’Olympique de Marseille en 2008 est devenu entraîneur. Il habite en Gironde, mais a accepté son premier poste au FC Sud 17, en Haute-Saintonge. Il a fallu s’adapter au niveau régional. « Cela reste du Régional 3. C’est le monde amateur, cela peut parfois être compliqué, mais le club est bien organisé, bien structuré. Je suis content d’être venu. »
Après sept journées, l’équipe est classée 4e de la poule G avec une seule défaite (victoire 2-0 le 23 novembre contre Lormont B). « Le championnat est serré et homogène. Les joueurs commencent à produire ce que j’attends d’eux, il y a de quoi bien faire. J’espère continuer, le foot c’est toute ma vie », conclut celui qui est également responsable technique jeunes d’un club de Gironde et coach sportif diplômé.
Le week-end en un coup d’œil
L’équipe en forme : Laleu
Si l’on glisse sur l’acte irraisonné d’un spectateur qui a lancé de la bière en pleine paix sur un joueur du FC Vrines, ce qui peut coûter cher à l’Avenir Maritime, l’équipe rochelaise se trouve dans une période positive. Les Belous avaient vite réagi en allant s’imposer à Chasseneuil (3-5) en championnat, et ils viennent de confirmer leurs belles dispositions en se qualifiant pour le 5e tour de la Coupe de Nouvelle-Aquitaine à Moncoutant (2-2, t.a.b. 3-4). En Régional 3, ils n’ont connu la défaite qu’une seule fois en sept journées, lors de l’entame du championnat, à Inter Bocage (3-1).
Le match du jour : Royan-Vaux – Saint-Palais
Depuis que Royan-Vaux a chuté jusqu’en Régional 3, un nouvel Atlantico a pris une belle place parmi les derbies de Charente-Maritime. La première levée du prix de la Côte de Beauté a lieu samedi 30 novembre au stade municipal de Royan. Les deux équipes sont au coude à coude en championnat, mais Royan-Vaux est à la peine actuellement avec trois défaites consécutives (Saint-André-de-Cubzac, Cognac, Estuaire Haute Gironde) et huit buts encaissés. Saint-Palais doit aussi réagir après la claque reçue à domicile, le 16 novembre, contre Cognac (1-4).
L’équipe dans le dur : Dompierre Sainte-Soulle
La belle opposition proposée contre Angoulême (National 2) par le FC Dompierre Sainte-Soulle lors du 6e tour de la Coupe de France (2-2, t.a.b 3-4) marquera l’histoire du club aunisien. Mais le championnat reste le plus important. Depuis, les joueurs du duo Auboyer-Bernier ont joué trois matchs de Régional 2, pour une victoire (Moncoutant) et deux défaites (Beaumont-Saint-Cyr et Chauvigny B). Ils sont 8es au classement avant la réception de Ruffec (7e), samedi 30 novembre, avec la possibilité de dépasser les Charentais.
Le chiffre : 12 000 euros
C’est la somme qu’a perdue le FC Étoile Maritime après avoir été éliminé de la Coupe de France sur tapis vert. Il reste les 6 000 euros versés par la FFF pour leur participation au 7e tour. KG.
Le District tient son assemblée générale
À chaque mandature ses priorités. Réélue en juin 2024 pour quatre ans à la tête du District, Pierret Barrot a établi une feuille de route où la question de l’arbitrage est essentielle. « Nous effectuons un gros travail de fond avec notamment Julien Droineau et Thierry Fourneau pour le recrutement des arbitres, leur fidélisation et leur accompagnement. Tout nouvel arbitre doit avoir une personne du District à ses côtés au minimum lors de ses trois premiers matchs. Nous sensibilisons les clubs à cette cause en insistant sur la formation. La dynamique est bonne, nous sommes sur le bon chemin, » espère la présidente de l’instance départementale, qui figure sur la liste de Philippe Diallo pour les élections à la présidence de la FFF en décembre. Lors de l’assemblée générale de ce soir, à 19 heures, à Thénac, le volet financier sera aussi évoqué. « Nous avons un petit déficit de 26 201 euros essentiellement dû à l’annulation des coupes départementales en 2023-2024, mais elles auront lieu cette année. Nous avons réduit les dépenses de 4 %, mais les charges augmentent. » Au sujet des incivilités, l’inquiétude vient du nombre croissant de dossiers que doit traiter la commission de discipline concernant les catégories jeunes. « C’est le cas partout puisque 70 % des cas de la Ligue viennent de ces catégories. » Lors de l’AG, 20 clubs seront récompensés au titre du challenge du fair-play, et toutes les familles du foot seront réunies le 10 décembre pour dresser un premier bilan de la saison. KG.



