Émis le : 01/07/2021 – 17:30
Bethléem (Territoires palestiniens) (AFP)
Pour l’artiste palestinien Taqi Spateen, une promenade le long de la barrière construite par Israël qui traverse certaines parties de Bethléem équivaut à une exposition en plein air de ses peintures murales dénonçant l’occupation israélienne.
Le travail de Spateen remplit une grande partie du béton à l’extérieur de l’hôtel Walled-Off de l’artiste secret Banksy, une section désormais emblématique de la barrière qu’Israël a construite pour couper la Cisjordanie de l’État juif.
Ses peintures murales comprennent un énorme portrait de George Floyd, l’Afro-américain tué par l’ancien policier américain Derek Chauvin.
« J’ai l’impression que c’est un Palestinien. Il a les mêmes problèmes que nous », a déclaré Spateen à l’AFP, après avoir terminé son dernier travail montrant un fusil de sniper sous l’enceinte de la mosquée du Dôme du Rocher à Jérusalem-Est.
Spateen a déclaré que raconter visuellement la vie palestinienne sous l’occupation israélienne était un outil important pour maintenir en vie la conscience mondiale du conflit vieux de plusieurs décennies.
Les peintures murales « transmettent l’image de la Palestine au monde », a déclaré Spateen, après avoir passé quatre heures à terminer son dernier travail sous un soleil de plomb, au pied d’une tour de guet.
Israël dit que la barrière, construite principalement à l’intérieur de la Cisjordanie, est nécessaire pour empêcher les attaques, mais les Palestiniens la qualifient de mur d’apartheid, les séparant de Jérusalem.
Spateen a également dépeint la star du football Lionel Messi en train de frapper un ballon à travers des chaînes, une image inspirée par la décision de l’Argentine en 2018 d’annuler un match amical avec Israël, citant le traitement réservé par l’État juif aux Palestiniens.
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Spateen est sur le point de commencer une résidence en France, où il envisage un projet sur « le brouillard » de la société palestinienne.
Il a déclaré que le projet s’inspirait en partie d’images de gaz lacrymogène tirés par les forces israéliennes pour réprimer les manifestations et les troubles palestiniens, ainsi que de photos remplies de poussière de Gaza après les frappes aériennes israéliennes.
Israël a rasé plusieurs bâtiments à plusieurs étages dans l’enclave palestinienne au cours d’un conflit de 11 jours en mai, au cours duquel des militants de Gaza ont tiré des milliers de roquettes sur le territoire israélien.
Spateen a souligné l’importance de poursuivre ses travaux sur la barrière en béton, malgré la « laideur » de la structure.
« Le graffiti est un moyen de résistance en Palestine », a-t-il déclaré.
© 2021 AFP