Sylvan Adams, le «  ambassadeur  » itinérant du milliardaire d’Israël

Il a participé à un rallye cycliste aux Émirats, a recruté le cycliste vedette Chris Froome et a été le mentor du premier pilote de Formule 1 israélien.

Le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams joue la carte du sport pour essayer de changer l’image d’Israël enlisé dans les conflits et pour promouvoir sa normalisation avec le monde arabe.

Le milliardaire israélo-canadien Sylvan Adams

(Photo: Oz Mualem)

« L’Israël que je connais et que j’aime n’est pas Israël qui est souvent montré dans les médias », a-t-il dit. « Je pense donc qu’il y a une image très déformée d’Israël. »

Son dernier coup d’État est venu avec l’annonce jeudi que Froome rejoindrait à la fin de cette saison son équipe cycliste Israel Start-Up Nation, la première équipe israélienne prête à participer au Tour de France, que Froome a remporté quatre fois.

Adams, lui-même un cycliste passionné, est arrivé pour une interview sur un vélo de compétition, ses lunettes de soleil rondes voilant des yeux azur.

Pour la caméra, il parcourt quelques tours autour du vélodrome au sol en bois qu’il a construit selon les normes internationales à Tel Aviv, le seul au Moyen-Orient.

Né au Québec, le magnat de l’immigration a immigré en Israël il y a cinq ans, a appris l’hébreu et s’est imposé comme un incontournable du «soft power» pro-israélien.

Oubliez le conflit, les guerres – Adams préfère parler de l’économie, des start-ups, de la démocratie, de la tolérance et aussi obtenir une publicité positive pour l’État juif, où il revient à ses racines.

Amener la superstar du football Lionel Messi à Tel Aviv en novembre dernier était son fait, tout comme la course cycliste du Giro d’Italia à Jérusalem en 2018.

Adam; s lors d’une réunion avec le prince de Bahreïn, Nasser bin Hamad Al Khalif

Lorsque l’équipe de course de Formule 1 Williams, en janvier, a annoncé que le Franco-Israélien Roy Nissany était son nouveau pilote d’essai, Adams s’est décrit comme le président du groupe de direction de Roy Nissany Formula One.

La voiture F1 de Nissany arborera le drapeau israélien et le logo d’Adams Israel Start-Up Nation.

« J’essaie de plaire à un très large public », a déclaré Adams. « Je ne veux pas convaincre les gens un à la fois. C’est juste trop lent et je suis trop vieux. »

À titre d’exemple, il cite un « milliard » de téléspectateurs en 2018 pour les étapes du Giro en Terre Sainte.

Le sport pour jeter des ponts entre les nations? C’est une cause en phase avec la politique étrangère israélienne qui cherche notamment à tisser des liens avec les monarchies du Golfe.

Lorsque le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, a présenté l’année dernière les composantes économiques du plan de paix de Trump au Moyen-Orient au Bahreïn, Adams faisait partie de la délégation israélienne.

Adams dans le vélodrome de Tel Aviv construit par lui

(Photo: Oz Mualem)

Il a dit qu’il avait été invité à rencontrer le cheikh Nasser bin Hamad Al Khalifa, un fils du souverain de Bahreïn et également un passionné de vélo.

« Je suis allé au palais. Nous avons eu une réunion privée. Je lui ai parlé du vélodrome et je lui ai envoyé une invitation », a-t-il expliqué.

Pourtant, rien dans son passé ne semblait prédire à Adams d’avoir un siège au bord du ring lors de ces événements au Moyen-Orient.

Son père, Marcel Abramovich, a fui les camps de travail nazis en Roumanie, en Palestine, alors sous domination britannique, qu’il a rapidement quitté pour la France puis le Québec, au tournant des années 1950.

Un employeur là-bas s’est alarmé du coût des appels téléphoniques longue distance avec des commerçants au cours desquels Abramovich épelait lentement son nom de famille juif roumain lettre par lettre.

Il l’a anglicisé à Adams, réduisant la facture de téléphone du patron et suivant les traces de nombreux migrants.

Aujourd’hui, Sylvan Adams est à la tête de l’empire immobilier familial, Iberville, qui possède une centaine d’immeubles au Canada et aux États-Unis.

Sylvan Adams photographié lors d’une séance photo et d’un entretien avec l’AFP, à Tel Aviv

(Photo: AFP)

Il a rencontré sa femme de 36 ans en Israël où ils étaient tous deux bénévoles dans une ferme collective du kibboutz.

Il avait déjà visité l’État juif dans sa jeunesse avec ses parents et ils avaient des parents roumains qui s’y étaient installés, et il a donc dit qu’il avait appris à connaître et à aimer le pays.

Un après-midi froid et sombre de Montréal, il est arrivé à la maison avec une idée.

« Je suis rentré à la maison et j’ai dit à ma femme, ‘que pensez-vous de votre déménagement en Israël?' »

Sa réponse, a-t-il dit, était: « Faisons-le. Ce sera une aventure. »

Après une semaine à Tel Aviv, le magnat a imprimé une nouvelle carte de visite qui disait: « ambassadeur autoproclamé auprès de l’Etat d’Israël ».

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